Cette page va tenter de vous donner quelques conseils afin de vous aider à passer du statut de néophyte complet à celui d'harmoniciste avancé. Prenez bien le temps d'assimiler chaque petit exercice, et de bien lire et comprendre les conseils et leur utilité.

 

1 - LE CHOIX DE L'HARMONICA :

Le choix de l'harmonica diatonique à acheter vous revient, mais sachez cependant qu'il existe, quelque soit la marque (Hohner, Hering, Lee Oskar, Seydel, Suzuki, Tombo...) des catégories de prix qui renseignent très bien finalement sur la qualité de l'harmonica :

Moins de 20€ : Harmonica de pacotille ("Easy Rider" chez Suzuki, "Blues Band" chez Hohner...), ces modèles sont fragiles, sonnent souvent faux, sont peu confortables à jouer et présentent des fuites d'air importantes... A éviter !

Entre 20€ et 50€ : Harmonica de bonne qualité, parfait pour débuter et même jouer à haut niveau ("Pro Harp" ou "Special 20" chez Hohner, "Blues Master" chez Suzuki, ou modèles Lee Oskar...). J'ai pour ma part une réticence pour les modèles à sommier (corps) en bois : en cas de chute le bois casse facilement, il gonfle avec la salive, il est plus subtil à nettoyer, etc. De même, je préfère les modèles facilement démontables et réglabes (montés avec des vis et non des clous ou rivets) comme la série MS chez Hohner par exemple.

Entre 50€ et 100€ : Harmonica de très bonne qualité, en général avec sommier en métal et lamelles solides ("Meisterklasse" chez Hohner, "Pro Master" chez Suzuki...), ou bien des harmonicas à sommier bois mais à lamelles très finement reglées ("Vintage" chez Hering, "Marine Band Deluxe" chez Hohner...).

Au delà de 100€ : En général aucun harmonica diatonique 10 trous n'est vendu au delà de ce prix dans le commerce, sauf par des particuliers qui se chargent d'acheter des harmonicas standards et de les régler, ajuster, accorder eux mêmes (en faisant ainsi des harmonicas "custom"), comme par exemples ceux vendus à une époque par Joe Filisko, ou maintenant en France par Raymond Brodur, qui conçoit même des capots et corps en différents matériaux.

Si vous habitez à Paris, ou à ses environs, je ne peux que vous conseiller le magasin "Major Pigalle", spécialiste des harmonicas, toutes marques et tous modèles confondus. Ce sont des connaisseurs qui sauront vous aider dans votre choix et qui disposeront à coup sûr d'un harmonica à votre convenance.

Je vous conseille de débuter sur un harmonica en Do. Tout le site se réferre à ce modèle. Une fois votre premier harmonica en mains, il est temps de passer à l'action...

 


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2 - LES NOTES :

Les notes (gamme chromatique), et les intervalles entre les notes :

 

Les notes naturelles sur l'harmonica en Do :


NB : 2 aspiré = 3 soufflé
NB : Jusqu'au trou 6, la note soufflée est plus grave que la note aspirée. A partir du trou 7, c'est le contraire.
NB : Les notes manquantes sont jouées grâce à des techniques que nous décrirons plus tard.

 

Votre première difficulté à l'harmonica sera certainement de ne jouer qu'une seule note à la fois. Pour cela, il suffit de faire un « O » avec les lèvres et de n’encercler qu’un seul trou. Au début, on peut vérifier que l’on est bien en face de l’ouverture en sortant légèrement la pointe de la langue, comme pour « viser ». Une fois bien placé, une seule note devrait sortir, aussi bien en soufflant qu’en aspirant.

Lorsque l’on doit passer au trou d’à coté (celui de droite ou de gauche), il faut faire glisser l’harmonica légèrement. Les écarts d’un trou à l’autre vont devenir une habitude avec la pratique. Voici un exercice pour s’habituer à passer d’un trou à l’autre sans jamais jouer deux notes à la fois.

 

Exercice de positionnement :

Sur cette tablature, les chiffres au dessus de la ligne (rangée A) sont les numéros des trous dans lesquels vous devez aspirer, les chiffres au dessous de la ligne (rangée S) sont les numéros des trous dans lesquels vous devez souffler. La mélodie se lit et se joue de gauche à droite.

 

Vous pouvez également essayer de vous habituer à "sauter" des trous, c'est à dire jouer des airs où les notes ne sont pas sur des trous côte à côte, par exemple ce motif inspiré du morceau "Au Bellevue" de J.J. Milteau :

 

Enfin, il serait bon également, avant toute chose, que vous essayiez de jouer successivement, sur chacun des dix trous de l'harmonica, du 1er au 10ème, la note soufflée et la note aspirée. Vous constaterez que chaque trou n'est pas aussi facile à faire sonner que les autres, et que notes aiguës et graves n'ont pas la même sensibilité de déclenchement.

 

Attention : Il est très fréquent d'avoir du mal à obtenir un son juste lorsque l'on débute, sur les notes aspirées des trous graves, et en particulier le trou 2. Vérifiez que lorsque vous aspirez dans le trou 2, vous obtenez bien la même note que lorsque vous soufflez dans le trou 3. Si ce n'est pas le cas, et que votre trou 2 semble "bouché" ou "plus grave" que le trou 3 soufflé, c'est que vous n'aspirez pas correctement. D'une manière générale, plus la pression est forte sur la lamelle, plus la note sera basse. Pour réduire la pression sur la lamelle du trou 2 aspiré, il faut donc, au choix :

Aspirer plus doucement, très doucement même... Mais la note sera faible, à bas volume, peut-être même fébrile.

Augmenter le débit d'air pour réduire la pression, en aspirant par le nez en même temps que par la bouche. Mais cela risque de vous faire aspirer trop d'air d'un coup et vous étouffera.

Augmenter le débit d'air pour réduire la pression, mais cette fois-ci en ouvrant la gorge. C'est la méthode optimale, à employer à chaque fois que vous voulez obtenir une note haute et droite.

Donc, pensez à bien ouvrir la gorge lorsque vous aspirez dans les trous graves de l'harmonica (1, 2 et 3).

 


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3 - LA RESPIRATION :

Une fois que vous êtes à l'aise avec le positionnement sur l'harmonica, essayez de jouer la gamme de Do majeur sur l'harmonica, en montant puis en redescendant :

Appliquez vous à ne faire sonner qu'une seule note à la fois, ne passez à la suivante que si la précédente est distincte et bien isolée.

 

Il est très probable que vous ayez des soucis de respiration (mauvaise tenue de note, essoufflement, fatigue). Voici quelques conseils :

Utiliser les silences pour reprendre son souffle (ou expulser l’excédent d’air)

• A défaut de silences, utiliser les longues (à défaut, courtes) notes soufflées ou aspirées pour laisser de l’air passer par le nez en même temps que par la bouche afin d’augmenter le débit d’aspiration ou d’expiration.

• S’habituer à utiliser la « respiration ventrale » : au lieu de lever les épaules en bombant le thorax pour aspirer, sortir le ventre (l’estomac), ce qui abaissera le diaphragme et permettra aux poumons de se gonfler "vers le bas". Et inversement en soufflant : les abdominaux se contractent, le ventre rentre, poussant sur le diaphragme, les poumons expulsant l’air avec un débit beaucoup plus stable. Cette technique permet d'accumuler plus d'air, d'avoir un son plus rond, un débit d'air plus régulier, et de ne pas se fatiguer. Elle est pratiquée également pour les autres instruments à vent, ainsi que dans le sport. C'est incontournable.

 

Essayez à présent cet exercice qui devrait vous familiariser définitivement avec le positionnement, la respiration, et l'alternance de notes soufflées et aspirées :

Un bon moyen mnémotechnique pour retenir cet exercice et mieux l'appréhender, est de le penser en terme de "motifs". Vous constaterez en effet que cet exercice peut se décomposer en motifs de 3 notes qui se répètent, chaque couple de motifs créant un nouveau motif lui même répété en inversant le sens respiratoire, etc.

 


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4 - LES MAINS :

Abordons maintenant la tenue de l'harmonica et l'usage qu'il est possible de faire des mains. L'idée est de tenir l’harmonica de façon à créer une petite caisse de résonance avec ses mains, tout en pouvant facilement ouvrir ou fermer cette caisse, de façon progressive ou instantanée. De préférence, le cœur de cette caisse de résonance se situera dans les graves, ce qui signifie que l’harmonica est le plus souvent tenu en main gauche, entre le pouce et l’index. La main droite vient former une coupe derrière l’harmonica, les tranches des deux mains se rejoignant. Ceci permet d’ouvrir et fermer progressivement la caisse de résonance en ouvrant plus ou moins la main droite. La position « normale » ne doit être ni complètement fermée, ni complètement ouverte.

L’harmonica est un instrument dont le timbre peut paraître plat et même agressif, particulièrement dans le registre aigu. Pour palier à cela, il existe diverses techniques, dont la plus simple et la plus intuitive au premier abord est de jouer sur la caisse de résonance formée par les mains à l’arrière de l’harmonica. Différents effets sont donc possibles, dont voici quelques exemples :

• Le vibrato / trémolo : ouvrir et refermer rapidement la main droite (sur les notes longues par exemple).

• Le wah-wah : en aspirant dans le 3ème trou (par exemple), passer d’une position complètement fermée à une position complètement ouverte et vice-versa, plus ou moins lentement.

• Le couac : en soufflant ou en aspirant sèchement dans les graves, ouvrir rapidement les mains au moment de l’attaque. Très utilisé dans le jeu rythmique pour accentuer certains accords.

• Le chorus : la main droite va aller et venir derrière l’harmonica dans un mouvement perpendiculaire, comme un piston, ce qui donnera l’impression que deux harmonicas jouent simultanément à l’unisson.

Je vous encourage à vous rendre dans la rubrique "Tablatures" du site pour aller trouver quelques morceaux à jouer à votre niveau. Dans leur interprétation, pensez à utiliser la respiration ventrale, et tentez de placer quelques effets de mains (vibrato, chorus...) pour embellir la mélodie.

 


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5 - LE RYTHME :

Il est très important de savoir placer les notes dans le temps. Voici quelques exercices pour vous entrainer. Les rythmes sont ici binaires (les temps sont divisés en 2, voire en 4). Les trous à jouer peuvent être modifiés selon vos envies ! Seul importe dans cet exercice le placement rythmique. Entrainez-vous avec un métronome, et tâchez de taper du pied tous les temps. Essayez de répéter chaque exercice de la façon suivante :

• A tempo 60, puis 80, 100, 120, voire 140, 160… si vous êtes à l’aise.

• Jouez d’abord chaque mesure en boucle quelques fois avant d’apprendre l’exercice complet en boucle.

• Au début, apprenez les exercices « platement », puis rejouez-les en accentuant les temps forts (temps 1 et 3) avec un effet de couac avec les mains par exemple, puis à nouveau mais en accentuant les temps faibles (ou contretemps, à savoir les temps 2 et 4).

 

Exercice rythmique n°1 :


NB: "23" signifie "jouez les trous 2 et 3 en même temps"

 

Exercice rythmique n°2 :

 

Exercice rythmique n°3 :

 


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6 - LA LANGUE :

Comme pour tout instrument à vent, la langue joue un rôle important dans le jeu mélodique. A l’harmonica, la langue peut permettre de nouveaux effets très intéressants :

L’attaque en « Te » : La langue se colle vers l’avant du palais ou derrière les grandes incisives supérieures, empêchant l’air de sortir lorsque l’on souffle dans un trou. En reculant la langue brusquement (en prononçant « Te »), l’air s’échappe d’un coup d’un seul, produisant une attaque plus marquée. Ceci est valable également en aspirant. Notez que d'autres syllabes (De, Le, Ke...) peuvent tout aussi bien être prononcées pour varier l'attaque, impliquant alors la langue ou la gorge, selon les syllabes.

Le trémolo : La langue fait des aller / retours de droite à gauche devant un ou plusieurs trous, provoquant une « hachure » dans la note simple ou un rapide arpège (alternance des notes) dans l'accord.

Le « tongue blocking » : Technique très fréquemment utilisée qui consiste à souffler dans 3 trous ou plus en même temps et à bloquer certains de ces trous avec la pointe de la langue. Par exemple, on peut souffler dans les trous 1, 2, 3 et 4 en même temps, mais bloquer les trous 2 et 3 avec la langue, ne laissant passer l'air que dans les trous 1 et 4, créant ce qu’on appelle dans ce cas un « jeu à l’octave » (Do grave / Do Médium). La langue peut aussi venir se plaquer uniquement après l’attaque initiale, créant ainsi une attaque plus rythmique (l’accord est d’abord joué complètement avant d’être épuré). Cette technique, bien maîtrisée, permet non seulement d’harmoniser un morceau, mais également de jouer une mélodie et une sorte d'accompagnement en même temps sur le même harmonica.

L’altération (ou "bend") : Technique qui permet d’obtenir beaucoup de notes manquantes sur l’harmonica.

L’overnote (overblow/overdraw) : Technique quasiment identique à la précédente, mais utilisée différemment, et qui permet d'obtenir toutes les dernières notes restantes sur l'harmonica.

 

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7 - L'ALTERATION :

L’altération est la technique de langue la plus utilisée à l’harmonica. Elle permet de baisser progressivement ou instantanément les notes d’un harmonica (sur certains trous uniquement), augmentant les notes jouables sur un harmonica diatonique de façon assez large (mais cependant pas complète).

Voici les notes sur un harmonica en Do, ainsi que les notes que l’on peut obtenir grâce aux altérations :

On notera deux choses à l’étude de ce schéma :

Les trous 5 et 7 ne disposent d’aucune altération. Cela est dû au fait qu’aucune note ne manque entre la note soufflée et la note aspirée. Si l’on tente d’altérer sur ces trous, les « notes » obtenues ne sont pas justes (à mi-chemin entre les deux notes seulement), ce qui provoque des « quarts de tons », particulièrement dissonants en musique occidentale. On parlera alors plutôt « d’inflexion » et non d’altération sur ces trous.

• Les altérations se font en aspirant pour les trous 1 à 6, et en soufflant au delà (trous 8 à 10), car à partir du trou 7, la lamelle aspirée est plus longue que la lamelle soufflée (donc la note est plus grave). C’est donc la note soufflée cette fois-ci que l’on peut faire descendre vers la note aspirée.

 

Pour débuter, il est conseillé de s’exercer sur le trou 1, puis les trous 4 ou 6 pour travailler l’altération aspirée, et sur le trou 8 pour travailler l’altération soufflée. C’est en effet sur ces trous que le travail de la langue est moindre.

L’altération aspirée :

Pour bien comprendre le mouvement que la langue doit effectuer, mettez l’harmonica de côté et commencez par siffler simplement une note, et faites-la descendre progressivement, dans le même souffle. Vous constaterez que votre langue "recule" dans votre bouche, s’abaisse et se creuse en quelque sorte. Ce mouvement est essentiel et c’est celui que vous devez essayer de reproduire en aspirant dans le trou 6 (par exemple) pour permettre à la note de descendre. Prononcer « Ti-ou » peut vous aider à trouver la forme de langue adéquate (sur le « ou »). Notez que l’inclinaison verticale de la pointe de la langue intervient également, et permet d'ajuster la hauteur de la note avec une grande précision.

L’altération soufflée :

Le mouvement à effectuer, en soufflant cette fois-ci (dans le trou 8 par exemple), est l’inverse du mouvement précédent. La langue ne se creuse plus, elle va au contraire remonter légèrement à sa base et former une petite bosse. Prononcer « Ti-yu » peut vous aider à trouver la forme de langue adéquate (sur le « yu »). Tout comme pour l’altération aspirée, il faut travailler la justesse du mouvement pour pouvoir jouer l’altération de façon nette, sans excès de souffle et sans jouer plus fort.

 

Conseil : Pour vous exercer sur l'altération aspirée, vous pouvez commencer par le trou 1, qui est le plus facile à altérer. Essayez simplement de prononcer un large "ou", voire "on", juste en baissant la langue (et/ou la mâchoire si vous avez du mal). Une fois que vous arrivez à obtenir une note bien plus basse que la note aspirée naturelle, vous devez vous appliquer à supprimer tout ce qui n'est pas travail de la langue. Recommencez, mais la mâchoire ne doit plus bouger cette fois, seule la langue le doit. Essayez ensuite cette technique sur le trou 4 : c'est désormais toujours la langue mais uniquement le devant (la pointe) qui doit travailler. Sur le trou 6, c'est encore plus l'avant de la langue qui est sollicité, c'est un travail beaucoup plus subtil.

 

Voici le petit thème de "L'Homme à l'Harmonica" retranscrit dans 3 tonalités différentes pour vous aider à travailler les altérations sur les trous 6, 8 puis 4 et 3 :

Le trait au-dessus ou au-dessous de la note indique que la note est altérée (un trait = une altération). Le point indique que la note doit durer.

Attention : L'altération sur l'harmonica est un phénomène qui est en grande partie lié à la pression exercée par l'air sur les lamelles. Comme dit plus haut, plus la pression est forte sur la lamelle, plus la note sera basse. Cela signifie donc aussi que vous trouverez sans doute plusieurs façons pour effectuer une altération, comme par exemple aspirer plus fort, ressérer la gorge, baisser la mâchoire, reculer excessivement la langue, etc. Détrompez-vous ! Ces façons de faire sont excessives, fatigantes, instables et imprécises. Seule la langue doit intervenir, ce qui vous permettra de réaliser les altérations avec la même technique sur tout l'harmonica, d'économiser votre souffle, et de contrôler avec précision la hauteur de la note grâce à la pointe de la langue.

 

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Vous êtes à présent à l'aise normalement avec les notes naturelles de l'harmonica, le positionnement et le jeu en notes simples, ainsi qu'avec les principaux effets de mains. Vous savez également altérer certaines notes, mais de façon incertaine. Voici à présent quelques pistes à suivre pour passer progressivement d'un niveau débutant vers un niveau technique plus avancé.

 

8 - PRATIQUE DES ALTERATIONS SIMPLES :

Voici quelques exercices inspirés de thèmes célèbres, pour travailler les altérations simples.

« St Louis Blues » :

Les 2 premières altérations sur le 6 doivent être rapides, tandis que la 3ème doit être marquée comme une note à part entière. Il faut jouer l’altération sans passer par la note normale.

 

« L’Inspecteur Gadget » :

Ici aussi, les altérations doivent être bien nettes et démarquées. Ce thème se joue avec un feeling « jazzy ».

 

« Braveheart » :

Le trou 5 ne peut pas être altéré complètement, il s’agit donc juste d’une légère inflexion, fluide. Jouez ce thème avec l’effet de main « chorus » pour renforcer le coté celtique et solennel du thème.

 

« Lettre à Elise » :

Attention à ne pas trop faire descendre l’altération sur le trou 8, sans quoi la mélodie pourrait souffrir d’une légère dissonance.

 

Riff de fin de Blues :

Une des multiples façon de terminer un blues. Le rythme vous appartient. Ne pas lier les notes entre elles : détacher chaque altération. Le dernier accord peut être joué avec l'effet de langue "tremolo".

 


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9 - PRATIQUE DES ALTERATIONS DES TROUS 2 ET 3 :

A présent, voilà de quoi travailler des altérations un peu plus difficiles sur les trous 2 et 3 (il faut travailler leur stabilité, afin que la hauteur des notes altérées reste constante) :

« Miss. Boogie » :

Le <45> signifie qu’il faut alterner très rapidement entre les trous 4 et 5, en bougeant rapidement la tête de droite à gauche. Travaillez la justesse et la stabilité du trou 3 altéré.

 

« Les Feuilles Mortes » :

L’altération sur le 3 ici est une altération double. Paradoxalement, c’est avec la même position de langue que l’on obtient l’altération simple en 2 et l’altération double en 3.

 

« Baby please don’t go » :

Un standard du blues. Attention au 2 altéré deux fois, si vous altérez au maximum, la note sera trop basse.

 

« Cry Baby » :

Bien démarquer le 3ème trou. Un blues lent à jouer en wah-wah.

 

« L’Inspecteur Gadget » :

Cette fois-ci une octave plus bas que le thème vu précédemment. Il faut bien contrôler les altérations pour ne pas manquer d’air.

 


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10 - LE TONGUE BLOCKING :

Voici un exercice pour travailler le « tongue blocking » à l’octave (il s’agit du début de « Oh Susanna ») :

 

Travaillons maintenant le côté rythmique du tongue blocking. Couvrez 3 ou 4 trous avec la bouche, et bloquez les trous de gauche avec la langue juste après avoir commencé à souffler afin de produire une attaque plus puissante. L’exercice suivant peut être joué en boucle, à vous de choisir un rythme entraînant, par exemple en doublant chaque note.

 

Enfin, voici "Careless Love", un thème idéal pour travailler les différentes pratiques de tongue blocking :

Une fois que les notes de ce thème vous sont familières, travaillez le son en ajoutant des effets de mains sur les accords et les notes qui durent (un effet de vibrato serait parfait). La flèche indique qu’il faut glisser rapidement d’un trou à l’autre (cet effet s’appelle un « glissando »). La fin du morceau, dans les aiguës, doit être jouée de façon très claire : mise à part l’accord final, il faut vraiment jouer cette fin en jouant les notes isolées et non en soufflant dans plusieurs trous, car dans ce registre des accords mal placés peuvent être particulièrement agressifs pour l'oreille.

 


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11 - RYTHME - LE CONTRETEMPS DE CROCHE :

Le travail du rythme doit se faire dans chaque morceau. Voici néanmoins quelques nouveaux exercices, sur des pulsations toujours binaires, pour vous faire pratiquer votre placement entre les temps. Ces exercices mettent en avant l'usage du contretemps de croche (croche avant ou après le temps, on dit également "en l'air", ou "syncopé"). Travaillez-les toujours comme vu dans la section "Débutants", c'est à dire à faible tempo puis à tempo plus rapide, en accentuant les temps 1 et 3 puis les temps 2 et 4, etc.

 

Exercice rythmique n°1 :

 

Exercice rythmique n°2 :

 

Exercice rythmique n°3 :

 


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12 - LA JUSTESSE DES ALTERATIONS :

Du fait de ses notes altérables, le jeu à l'harmonica peut souffrir d'un manque de justesse dans la hauteur des notes, qui demande alors à l'harmoniciste un contrôle accru de celles-ci (tout comme au violon, trombone, etc.) afin de jouer juste. Qu'il s'agisse d'altérations ou d'overnotes, le contrôle de la hauteur de la note est toujours effectué par le placement de la pointe de la langue. Sachez également que, comme sur tout instrument, le fait de "penser" et "d'entendre" la note juste dans sa tête avant de la jouer constitue un élément essentiel dans l'exécution de la note correcte.

Afin de travailler votre justesse, voici le thème de « J’ai du bon tabac » dans toutes les tonalités jouables à l’harmonica à l’aide des altérations ou sans. Il s’agit d’un excellent exercice pour travailler la justesse des altérations. Votre oreille devrait être habituée depuis votre plus jeune âge à ce thème classique (signé Mozart), vous serez donc plus sensible aux intervalles entre chaque note ce qui vous guidera dans la recherche de la bonne hauteur de note pour chaque altération (simple, double, ou triple).

 

Do :


Attention, pour obtenir un Fa juste sur le 2nd trou, ne pas altérer au maximum.

 

Ré :


Pour trouver un bon Fa#, cherchez l’intervalle d’un ton entre Mi (2 soufflé) et Fa#. Idem, le La sur le trou 3 avec Sol.

 

Mi :


Même remarque que pour le Fa, ne pas altérer au maximum pour le Sol# sur le trou 3, sinon il sera un peu trop bas.

 

Fa :


Le trou 4 sera votre unique note soufflée. Penser à respirer avec le ventre, pas le thorax.

 

Fa# :


La tonalité la plus difficile de cet exercice, je vous l’accorde. Usage de la respiration ventrale indispensable.

 

Sol :


Le La sur le 3 aspiré est très fréquemment utilisé. Sachez le faire sonner tel n’importe quelle autre note.

 

La :


Pensez à ne pas glisser du La au Si mais à bien réattaquer chaque note.

 

Do (8va) :


Retrouvons nos tonalités mais à l’octave centrale. Pas d’altérations, mais autant aller jusqu’au bout.

 

Sol (8va) :


Commencez à travailler votre timbre sur les notes aiguës afin de les embellir, car elles sont de nature plates.

 

Do (15va) :


La logique inversée de l’octave supérieure ne doit pas vous déconcerter. Familiarisez-vous avec.

 

Cet exercice doit être pratiqué fréquemment afin de faire travailler votre mémoire musculaire : votre langue retiendra à force la position à prendre pour chaque altération. Nous n’avons pas travaillé ici les altérations en 1, 6, 8, 9 et 10, donc à vous de trouver des thèmes qui s’y prêtent ! Nous allons aborder la technique des overnotes, qui permet d’obtenir les dernières notes manquantes sur l’harmonica, ce qui nous permettra d’aborder alors toutes les tonalités existantes. Mais il est pour cela indispensable de savoir jouer correctement les notes déjà à votre disposition avec les altérations

 


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A ce stade, vous savez altérer toutes les notes de l'harmonica, vous êtes à l'aise avec l'usage de la langue et l'articulation, vous savez ajuster la hauteur des notes selon votre oreille (qu'il faut sans cesse affiner). Voici maintenant de nouvelles idées à suivre pour compléter votre technique et perfectionner votre jeu.

 

13 - LES INTERVALLES & ACCORDS :

Voici un schéma récapitulant les intervalles présents sur l’harmonica d’un trou à l’autre, permettant ainsi d’obtenir des harmonies intéressantes à l’aide de la technique du tongue blocking.

 

 

 

Et voici donc alors tous les accords jouables sur un harmonica en Do :

 

 


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14 - LES OVERNOTES :

Nous avons constaté que l’harmonica diatonique ne dispose pas naturellement de toutes les notes présentes dans la gamme chromatique, mais que l’emploi de la technique de l’altération permet de jouer bon nombre des notes manquantes, en faisant descendre la note la plus aiguë de chaque trou vers la note la plus grave. Il ne manque alors sur l’harmonica que la possibilité de jouer les notes manquantes « entre deux trous », comme, par exemple, le Mi bémol entre le Ré aspiré du trou 4 et le Mi soufflé du trou 5. Cette opération est rendue possible par l’utilisation de la technique des « overnotes », notes se trouvant en dehors de l’intervalle formé par les notes naturellement soufflées et aspirées d’un même trou. Les altérations permettent de jouer les notes se trouvant à l’intérieur de cet intervalle, les overnotes, elles, sont les notes jouées se trouvant en dehors (au dessus pour être plus précis) de cet intervalle. On appelle « overblow » une overnote soufflée, et « overdraw » une overnote aspirée (de l’anglais « blow » = souffler et « draw » = aspirer).

Voici les notes sur un harmonica en Do, ainsi que les overnotes que l’on peut obtenir :

NB : On remarque que les overnotes du trou 10 permettent d’augmenter d’un ton l’ambitus de l’instrument (intervalle entre la note la plus grave et la note la plus haute possible). Sachez aussi qu'il est tout à fait possible d’obtenir des overnotes triples (sur certains trous, comme le trou 7 par exemple), si la technique est parfaitement maîtrisée.

 

C'est très simple : une overnote s’obtient de la même manière qu’une altération de sens contraire (un overblow s’obtient comme une altération aspirée (mais en soufflant), et un overdraw comme une altération soufflée). Assurez vous de maîtriser parfaitement les altérations : vous devez être capable d’altérer d’un demi-ton même en soufflant/aspirant très légèrement et à bas volume sonore. L’overnote la plus simple à produire au prime abord est l’overblow du trou 6. Tentez ensuite de reproduire le même mouvement que l’altération aspirée du trou 6 mais en soufflant dans ce même trou 6.

Le déclenchement de l’overnote peut se décomposer en deux mouvements :

1) La note naturelle (soufflée pour un overblow, aspirée pour un overdraw) entame une légère inflexion descendante, comme si l’on tentait de l’altérer. Le volume sonore de la note faiblit rapidement et l’inflexion prend fin : la note se taît et plus aucun son ne sort bien que l’on continue de souffler/aspirer dans le trou. C’est signe que la lamelle qui vibrait jusque là vient de se bloquer.

2) Une fois la lamelle bloquée, pour déclencher l’overnote (qui sera en fait produite par la lamelle opposée à celle que l’on vient de bloquer), il suffit alors de remonter la pointe de la langue, qui vient donc se placer devant le trou (sans le toucher ni le boucher), faisant plus ou moins obstacle au passage de l’air. Plus la pointe de la langue se positionne verticalement face au trou, plus l’overnote sera basse. En inclinant très légèrement celle-ci vers l’avant (la pointe se baisse, l’arrière se relève), la langue formant alors une sorte de « toboggan » grimpant vers le trou, l’overnote monte, ce qui permet d’ajuster la hauteur de la note afin d’obtenir une overnote simple juste, ou de monter jusqu’à obtenir une overnote double ou plus.

Cette technique permet d’obtenir de la même manière les overnotes des trous 4 à 10. En revanche, pour les trous 1 à 3, l’overblow se déclenche par un blocage guttural : prononcez sèchement « Kou » du fond de la gorge, le blocage de la lamelle et le déclenchement de la lamelle opposée sont alors instantanés, il suffit de faire durer le « ou » pour prolonger la note.

 

L'utilisation conjointe d'altérations "conventionnelles" et d'overnotes permet donc de jouer des morceaux plus complexes, et des phrasés plus évolués, comme par exemple le phrasé suivant :


NB : Le "o" au-dessus ou au-dessous des chiffres indique qu'il s'agit d'une overnote.

Ce phrasé est ici joué au ralenti, il est (librement, à quelques notes près) repris du morceau "Fantaisie Nocturne" de Sébastien Charlier.

 


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15 - REGLAGE MATERIEL :

Les overnotes demandant un contrôle très précis de la pression exercée sur les lamelles, il est tout à fait possible que celles-ci ne se déclenchent pas si les lamelles de l’harmonica présentent un écart trop grand dans leur inclinaison par rapport aux plaques sur lesquelles elles sont fixées, ce qui crée un « jeu » trop important, laissant passer l’air dans toutes les conditions et empêchant le blocage de celles-ci. Il est donc souvent nécessaire de réajuster cet écart. Pour cela, deux façons de procéder :

• Démonter l’harmonica (composé de deux capots, d’un sommier et de deux plaques de 10 lamelles chacune), et pour chaque lamelle, s’assurer que celle-ci est le plus possible dans l’alignement de la plaquette, en appuyant très légèrement sur sa base avec le doigt. L’écart idéal est celui précédant le moment où la lamelle est en alignement parfait (car dans ce cas la note ne sort jamais, la lamelle étant constamment bloquée). Si vous appuyez trop fort, utilisez votre petit tournevis (qui vous aura servi à démonter l’harmonica) pour, toujours très légèrement, appuyer sur le coté opposé de la lamelle (en retournant la plaque) afin de la redresser légèrement.

• Il est possible de régler les lamelles sans démonter l’harmonica, mais il faut pour cela disposer d’un long et fin outil dont la pointe est en forme de « L » afin de pouvoir appuyer sur les lamelles en faisant passer l’outil par les trous de l’harmonica. Cet outil peut ressembler à un outil de dentiste, mais on peut en trouver dans des « kits de réparation et maintenance d’harmonica » vendus par des marques telles que Lee Oskar ou Hering.

Le réglage de l'angle peut être grossièrement schématisé ainsi (en noir la plaque, en violet la lamelle) :

Le réglage doit s’effectuer sur les deux rangées de lamelles, tant soufflées qu’aspirées. Notez bien que les lamelles sont extrêmement fragiles et leur manipulation doit se faire avec la plus grande précaution. Enfin, si ce réglage permet une plus grande facilité d’obtention des overnotes, il facilite également les altérations, et permet aussi un meilleur contrôle du timbre des notes soufflées, puisque leur inflexion devient possible et non négligeable. Au final, l’harmonica en devient plus étanche, les fuites d’air sont minimes et vos efforts pour l’obtention des notes s’amoindrissent également.

 

Une fois vos premiers réglages effectués, et vos premières overnotes réussies, vous constaterez peut-être que l'on entend parfois une sorte de sifflement (un "buzz") pendant l'overnote. Ce sifflement, s'il a lieu, provient d'un frottement de la lamelle bloquée (soufflée pour un overblow, aspirée pour un overdraw) contre la plaque sur laquelle elle est fixée. Pour empecher la lamelle de frotter et ainsi supprimer ce sifflement, il existe plusieurs méthodes, dont en voici une qui a fait ses preuves et qui a le mérite d'être très simple à réaliser :

• Il vous suffit de déposer une goute de vernis à ongles sur les deux coins de l'intersection entre la lamelle et le "petit carré" où est placé son rivet (point d'attache). Attention à ne pas mettre trop de vernis, car il risquerait d'agir comme une "colle" empechant la lamelle de vibrer s'il est placé sur sa longueur. La "goutte" doit juste faire le coin, empêchant ainsi la lamelle de vibrer sur son axe horizontal. En cas d'erreur, vous pouvez facilement enlever le vernis avant qu'il ne sèche.

Voici un petit schéma expliquant l'endroit exact où appliquer le vernis (en violet):

Notez que cette technique peut aussi être utilisée lorsque certaines de vos notes altérées "sifflent" : c'est toujours la lamelle opposée qui est en cause. Comme toujours entrainez-vous à faire ces réglages sur de vieux harmonicas pour vous faire la main avant de les effectuer sur votre harmonica fétiche.

Il existe de nombreuses autres techniques pour régler ses harmonicas, je vous laisse en découvrir quelques unes sur le site www.overblow.com.

 


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16 - LA JUSTESSE DES OVERNOTES :

Voici un schéma récapitulatif de toutes les notes jouables sur un harmonica diatonique en Do :

 

La gamme chromatique sur 3 octaves (et un ton) se joue donc ainsi :

 

Cependant il serait inconcevable de commencer à jouer "chromatiquement" sans travailler encore une fois la justesse de toutes les notes. Nous avons déjà travaillé la justesse des altérations, nous allons maintenant travailler la justesse des overnotes. Revoici à nouveau le début du thème de « J’ai du bon tabac » dans quelques tonalités que nous n’avions pas encore abordées car elles nécessitaient l’emploi des overnotes.

 

Ré b :


L’overblow en 1 est assez difficile à sortir après l’altération du même trou. Attaquez bien avec la gorge.

 

Mi b :


Seules difficultés : l’overblow en 1 et la stabilité du Si bémol (3 altéré une fois).

 

La b :


En fin de thème, ne changez rien à la position de votre langue pour passer du 4 altéré au 4 overblow.

 

Si b :


Attention à la justesse du Si bémol et du Mi bémol (3 altéré une fois et 4 overblow).

 

Si :


Surtout n’altérez pas le trou 4 trop bas, sinon votre 4 overblow serait lui aussi trop bas.

 

Ré b (8va) :


Pensez toujours à la justesse des notes avant de travailler la fluidité.

 

A vous de retrouver les tonalités restantes : il s’agit de Ré (8va), Mi b (8va), Mi (8va), Fa (8va), Fa # (8va), La b (8va), La (8va), Si b (8va), Si (8va), Ré b (15va), Ré (15va), Mi b (15va), Mi (15va), Fa (15va), Fa # (15va) et enfin Sol (15va).

 


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17 - EXEMPLES DE GAMMES :

Maintenant que vous avez toutes les notes à votre disposition sur l'harmonica, il vous est possible de jouer dans n'importe quelle tonalité, mais surtout de jouer n'importe quelle gamme. Les gammes ont chacune leur couleur et je vous encourage à les apprendre, c'est à dire non seulement à savoir les jouer sur l'harmonica, mais surtout à retenir la couleur de chacune et les images qu'elles peuvent générer dans votre esprit. Voici quelques exemples et formations en tonalité de Do.

 

Gammes de 5 notes :

La gamme pentatonique majeure : Do – Ré – Mi – Sol – La
Intervalles : ton, ton, ton et demi, ton, ton et demi
(appelée aussi « gamme country »)

La gamme pentatonique mineure : Do – Mi b– Fa – Sol – Si b
Intervalles : ton et demi, ton, ton, ton et demi, ton

La gamme chinoise : Do – Mi b – Fa # – Sol – Si
Intervalles : ton et demi, ton et demi, demi-ton, deux tons, demi-ton

La gamme ritusen : Do – Ré – Fa – Sol – La
Intervalles : ton, ton et demi, ton, ton, ton et demi
(appelée aussi « gamme Zheng » ou « pentatonique écossaise »)

La gamme japonaise : Do – Ré b– Fa – Sol – La b
Intervalles : demi-ton, deux tons, ton, demi-ton, deux tons
(appelée aussi « gamme kumoÏ »)

 

 

Gammes de 6 notes :

La gamme par tons : Do – Ré – Mi – Fa # – La b – Si b
Intervalles : ton, ton, ton, ton, ton, ton

La gamme de blues : Do – Mi b– Fa – Sol b – Sol – Si b
Intervalles : ton et demi, ton, demi-ton, demi-ton, ton et demi, ton

 

 

Gammes de 7 notes :

La gamme diatonique majeure : Do – Ré – Mi – Fa – Sol – La – Si
Intervalles : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton
(appelée aussi « gamme ionienne »)

La gamme mineure harmonique :
Do - Ré - Mi b - Fa - Sol - La b - Si
Intervalles : ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton, ton et demi, demi-ton

La gamme mineure mélodique ascendante :
Do – Ré – Mi b– Fa – Sol – La – Si
Intervalles : ton, demi-ton, ton, ton, ton, ton, demi-ton

La gamme mineure mélodique descendante :
Do – Ré – Mi b– Fa – Sol – La b – Si b
Intervalles : ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton, ton, ton
(appelée aussi « gamme mineure naturelle/ancienne » ou « gamme aéolienne »)

La gamme kabyle : Do – Ré b – Mi – Fa – Sol – La b – Si
Intervalles :
demi-ton, ton et demi, demi-ton, ton, demi-ton, ton et demi, demi-ton

 

 

Gammes de 8 notes :

La gamme bebop dominante :
Do – Ré – Mi – Fa – Sol – La – Si b – Si
Intervalles : ton, ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton, demi-ton, demi-ton

La gamme blues « enrichie » :
Do – Ré – Mi b – Fa – Sol b – Sol – La – Si b
Intervalles : ton, demi-ton, ton, demi-ton, demi-ton, ton, demi-ton, ton

 

Vous pourrez retrouver les principales gammes usuelles en tablatures dans toutes les tonalités sur l'ensemble de la tessiture de l'harmonica dans la rubrique "Annexes" du site.

 


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18 - TRAVAIL SUR LES GAMMES ET LES ARPEGES :

La connaissance des gammes usuelles (majeures, mineures melodiques & harmoniques, pentatoniques, etc.) est incontournable pour tout instrumentiste soliste. Plus que les gammes, vous devez connaître les arpèges en découlant, chacun se rapportant alors à un des modes de la gamme en question. Voici un exemple d'exercice en 3 tonalités différentes pour travailler la gamme diatonique majeure et ses arpèges de 4 notes.

Principe : On commence sur la tonique et l'on monte l'arpège de 4 notes, puis on descend la gamme jusqu'à la seconde, on monte l'arpège de 4 notes de la seconde, puis l'on descend la gamme jusqu'à la tièrce, etc. L'exercice s'arrête ici à la tonique située une octave au dessus de la tonique de départ mais la tessiture de l'harmonica nous permettrait de continuer et jusqu'à deux octaves au dessus de la première note.

En Sol :

 

En Mi bémol :

 

En Ré :

 

Ces exercices peuvent bien sûr être transposés dans toutes les tonalités, s'appliquer à toutes les gammes, se faire en descendant les arpèges, etc. Il y a des centaintes de façon de travailler une gamme, ne vous contentez pas de l'apprendre de façon ascendante et conjointe !

 

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19 - LA FIN DU COMMENCEMENT :

Nous y voila. Vous savez comment jouer chacune des 38 notes distinctes de l'harmonica diatonique en Do. Vous êtes à l'aise avec ses principales techniques. Vous savez jouer juste, articuler, travailler le placement rythmique et aborder un thème simple dans plusieurs tonalités. Que faire à présent ?

C'est là que l'apprentissage de la musique et non de la technique peut commencer. Le travail qui suit n'est pas propre à l'harmonica, mais commun à tous les instruments :

 

• Lisez des livres sur le solfège (comparable à "l'orthographe" de la musique) et surtout sur l'harmonie (comparable à la "grammaire" de la musique). Vous trouverez les références de nombreux livres en cherchant sur internet (je ne peux que vous conseiller les excellents ouvrages des éditions "Outre Mesure").

• Apprenez et travaillez les gammes. Travaillez les modes découlant de ces gammes. Apprenez à reconnaitre les couleurs propres à chaque gamme, à chaque mode.

• Apprenez la formation des accords, et travaillez-en les arpèges.

• Perfectionnez sans cesse votre placement rythmique, travaillez sur des pulsations tantôt binaires, tantôt ternaires.

• Faites travailler votre oreille en même temps que vos acquis : relevez par vous-même les morceaux d'autres instruments en essayant de les reproduire sur l'harmonica.

Rencontrez d'autres musiciens. Jouez en groupe afin d'apprendre à jouer tout en écoutant les autres.

• Ne vous limitez pas à votre seul instrument où à un seul genre musical. Ecoutez avec attention.

Démystifiez les maîtres : vous ne progresserez pas si vous ne vous sentez pas capable d'y parvenir.

• Soyez curieux ! Posez-vous des questions, faites en sorte de toujours aller chercher les réponses.

• N'ayez pas peur de la critique. Soyez honnête envers vous-même. Reconnaissez vos lacunes, mettez tout en oeuvre pour les corriger.

 

Sur ces derniers conseils, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bon courage, vous avez désormais toutes les clefs en main pour devenir un instrumentiste expérimenté, à vous de dépasser ce cap afin d'aborder la musique sous un angle beaucoup plus large !

 

 

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